actualité(s)

L’actualité, c’est tout ce qui est récent et intéressant, encore que ce dernier qualificatif fasse l’objet de débats.

Véhiculée par les médias, qu’ils soient internes ou externes, l’actualité cristallise toutes sortes de sentiments : enthousiasme, envies, peurs, frustrations, empathie, etc. L’une de ses caractéristiques, dont les acteurs de communication interne doivent désormais tenir compte, réside dans le fait qu’elle peut être perçue et interprétée différemment en fonction des présupposés qui animent le récepteur, qu’ils soient philosophiques, politiques ou idéologiques. En d’autres termes, une même information peut donner lieu à des commentaires radicalement différents en fonction du contexte dans lequel elle est reçue et du traitement dont elle fait l’objet.

L’exemple du 11 septembre 2001 est à cet égard édifiant : les images télévisuelles des attentats de New York et Washington, diffusées en boucle par toutes les chaînes et relayées à l’envie par le web, y compris bien sûr dans les entreprises, ont littéralement “fasciné” les téléspectateurs qui ne les ont pas tous perçues de la même façon. Si tout ou presque a été dit sur ce sujet dans les 48 heures qui ont suivi ces événements, il n’en reste pas moins que certains salariés, évoluant dans des structures américaines par exemple, se sont sentis davantage menacés que d’autres. Ce sentiment a sans doute été renforcé par les commentaires qui ont accompagné cette actualité tragique, tant et si bien qu’au bout du compte l’émotion l’a emporté sur la réflexion et l’immédiateté sur le recul. Aussi, compte tenu du “matraquage” dont un sujet d’actualité fait régulièrement l’objet (terrorisme, tsunami, grippe aviaire, constitution européenne, etc., pour ne prendre que quelques exemples grand public), il est parfois difficile de leur donner de la perspective à des fins d’analyse et de débat.

C’est ce qui explique qu’un sujet chasse l’autre, comme si l’actualité n’avait de l’importance qu’à partir du moment où elle revêt une connotation particulière fortement colorée de tragique ou de spectaculaire. Il semble dès lors évident que l’idée de l’information en continu, qu’elle qu’en soit la nature, est un fantasme dont il faut à un moment donné nécessairement s’extraire car elle annihile toute aptitude au recul et plonge bien souvent le récepteur dans une torpeur dont la profondeur n’a d’égal que la nuisance qui l’accompagne.