emotion

L’émotion est un état de conscience complexe qui se déclare en liaison et en réaction avec quelque chose qui nous habite ou qui nous entoure. A la différence du sentiment, elle apparaît brusquement et n’est que momentanée, tandis que le sentiment se construit progressivement, s'installe plus durablement. Sa répercussion est physique, elle fait naître chez celui qui la ressent des troubles physiologiques qui la rendent visible pour les autres.

Parce qu’elle domine notre volonté, l’émotion est souvent vécue comme une force irrationnelle qu’il s’agit de maîtriser, de canaliser. Pourtant, son efficacité n'est pas des moindres : il y a des enthousiasmes qui soulèvent des montagnes ou des colères qui s'avèrent bien plus utiles qu’une analyse objective et froide de la situation. D’ailleurs, on se rend compte aussi rapidement que l’enthousiasme vécu en collectivité peut devenir un lien social. Aussi, bien que les émotions soient un ressenti individuel souvent source de méfiance, on ne peut refuser de les prendre en compte lorsqu’il s’agit de manager une équipe : une entreprise qui ignore délibérément l’angoisse provoquée par un bruit de couloir aux répercussions dramatiques (un licenciement économique par exemple) s’assure certainement de conséquences difficiles à oublier.

Ainsi, même si le traitement affectif se distingue du traitement rationnel de la pensée, l’émotion ne peut se concevoir sans une participation de nos facultés de perception et de raisonnement. La communication interne, si elle veut parvenir à instaurer au sein du groupe une entente cordiale, un climat de confiance, un échange possible, doit nécessairement rester attentive à ces émotions de base dont parle Paul Ekman : la joie, la tristesse, la colère, la peur, la surprise, le dégoût. Car en mettant du sens sur ces “débordements de sensibilité”, elle peut réutiliser leur force à bon escient, ou du moins éviter que l’énergie qu’ils comportent ne soit perdue.

Prenons un exemple. Se poser les questions suivantes pendant un échange peut éviter bien des conflits ou malentendus:

L'émetteur se pose trois questions :

  • Est-ce qu'il m’écoute ?
  • Est-ce qu'il me comprend ?
  • Qu'est-ce qu'il en pense ?

Le récepteur se pose également trois questions :

  • Qu'est-ce qu'il veut dire ?
  • Pense-t-il réellement ce qu'il dit ou est-ce la vérité ?
  • Qu'est-ce qu'il fait par rapport à ce qu'il dit ?

La prise en compte, par chacun, des émotions de l’autre autant que des siennes, la distinction claire entre les caractéristiques rationnelles et affectives des phrases prononcées, permettent d’instaurer une distance nécessaire vis-à-vis du vécu et ainsi d’améliorer la compréhension entre les interlocuteurs.

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