responsabilité sociale d'entreprise (RSE)

Deux définitions 

• La responsabilité sociale des entreprises ou responsabilité sociétale des entreprises (RSE) concerne la manière dont les entreprises intègrent, sur une base volontaire, des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans leurs activités économiques et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes : internes (dirigeants, salariés, actionnaires, etc.) ou externes (fournisseurs, clients, collectivités locales et territoriales, etc.). 

Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir « davantage » dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes.(Union européenne)

• La RSE regroupe l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du développement durable, c’est-à-dire être économiquement viable, avoir un impact positif sur la société et aussi mieux respecter l’environnement.

Du paternalisme à la "soutenabilité" : un concept qui a évolué

Le concept est apparu aux Etats-Unis dès 1950 et trouve ses racines dans le paternalisme d'entreprise du XIXe siècle. La RSE fait alors appel à l'éthique personnelle du dirigeant d'entreprise : l'entreprise devant répondre à une exigence morale à l'égard de la société. Ce concept a progressivement évolué vers une vision plus utilitariste, le comportement social de l'entreprise se présentant comme un élément permettant de soutenir sa performance économique. Selon une étude récente conduite auprès de 8500 entreprises, la RSE procurerait un gain de performance de l’ordre de 13 % par rapport aux entreprises qui ne l’introduisent pas, en particulier si elle relève de l’initiative volontaire et non de mesures contraignantes. 

Avec le développement des préoccupations environnementales, mais aussi sociales et économiques dans la seconde moitié du XXe siècle, la responsabilité des entreprises est devenu un enjeu de plus en plus important. De plus en plus de consommateurs deviennent critiques vis-à-vis des entreprises et veulent que ces dernières respectent mieux les lois, l’environnement et se conduisent de manière plus responsable en général. 

Depuis 1990, la notion de développement durable (ou soutenable) est au coeur des préoccupations et relève de décisions ou préconisations venant des Etats et des organisations internationales. Ce n'est plus tant la vision utilitariste qui est mise en avant que le fait que l'entreprise est redevable à la société : elle doit contribuer à la production et à l'entretien de biens communs, anticiper les conséquences de son activité et prendre en charge les coûts, sans les faire porter sur la collectivité. (Voir Michel Capron).

Les champs de l'action

Amélioration des conditions de travail, refus de prestataires peu éthiques, réduction de l'empreinte écologique de l'entreprise, (chasse aux émissions de gaz à effet de serre et aux polluants, économies de matières premières), égalité hommes/femmes, intégration du handicap, diversité dans l'emploi, mesures préventives concernant les risques psychosociaux, engagement de salariés dans des actions solidaires, santé au travail et en dehors sont autant de thèmes dont  s'emparent aujourd'hui les entreprises et leurs salariés. 

• Un certain nombre de chantiers emblématiques peuvent être ainsi rapportés :

Saint-Gobain et le leanworks (logistique)

Generali (effet levier)

Casino (égalité professionnelle)

- Le Groupe SEB, avec la garantie de la réparabilité de ses produits pendant dix ans

Leroy Merlin a généralisé le don de ses surstocks d’entrepôts à des associations œuvrant contre le mal logement

• Bien sûr, si elles sont difficiles à identifier, nombre de petites et moyennes entreprises ont mis en place des expériences intéressantes, citons à ce titre Prévimétéo, entreprise de 4 personnes qui a mis en place d'un compte temps citoyen se traduisant par une demi-journée par mois payée que les collaborateurs consacrent à une action citoyenne hors de l'entreprise.

Communication externe ou interne ?

Une démarche RSE nécessite d'être portée par toute l'organisation pour en garantir le succès : la direction, la communication externe, les Ressources Humaines sont ainsi au premier rang. La communication interne est aussi largement impliquée pour assurer la promotion de la démarche auprès des différents publics internes, pour sensibiliser, motiver, recruter de bonnes volontés… Comment faire valoir une démarche RSE si les publics internes ne l'ont pas eux-mêmes intégrée ? Et souvent cette démarche rejaillit positivement sur le climat interne : fédératrice et aussi vecteur d'image.

Un constat mitigé

Le constat est là, les grandes entreprises se sont globalement emparées du RSE et s'en servent pour asseoir leur réputation. D'autres, plus petites, mettent localement en place des actions citoyennes ou RSE mais elles restent moins visibles. 

Cependant, force est de constater que les entreprises françaises mobilisent encore assez peu la RSE et qu'il existe de fortes disparités selon leur taille et les territoires sur lesquels elles exercent leur activité.